
Le Mont Saint-Michel est l’un des sites touristiques les plus emblématiques de France. Il attire chaque année plusieurs millions de visiteurs venus du monde entier. Ce succès en fait un lieu incontournable mais il pose également des défis importants. La forte affluence, surtout en juillet et en août, entraîne des problèmes en lien avec l’environnement et une transformation des commerces, souvent davantage orientés vers les touristes que vers les habitants. Toutefois, le tourisme représente aussi une ressource économique essentielle pour le territoire, en soutenant l’emploi et en valorisant le patrimoine historique et culturel du site.
Face à ces enjeux, nous sommes partis questionner Mr Bono, le maire du Mont St Michel. Il nous a d’abord expliqué que le Mont-Saint-Michel accueille des visiteurs depuis très longtemps. Au Moyen Âge, c’étaient principalement des pèlerins qui venaient de toute l’Europe. Pour lui, accueillir des personnes fait donc partie de l’histoire même du Mont-Saint-Michel. Nous lui avons demandé si on pouvait parler de surtourisme au Mont. Sa réponse nous a surpris : selon lui, il n’y a pas de surtourisme mais plutôt des pics de fréquentation. Environ trois millions de personnes viennent chaque année, mais elles ne sont pas réparties de la même manière dans l’année ou dans la journée. Par exemple, le 15 août en plein après-midi, il peut y avoir énormément de monde alors qu’à d’autres périodes le Mont est beaucoup plus calme. Il pense donc qu’il pourrait accueillir davantage de visiteurs à condition qu’ils soient mieux répartis.
Nous avons ensuite parlé des conséquences positives et négatives du tourisme. Le tourisme apporte beaucoup économiquement : il crée des emplois, fait travailler les commerces et participe à la richesse du territoire. Le Mont-Saint-Michel est aussi connu dans le monde entier et représente pour beaucoup de personnes une image de la France.
Mais le maire nous a expliqué quelque chose qui nous a particulièrement marqués : le développement du tourisme a aussi participé à la disparition de la vie de village. Il y avait autrefois plusieurs centaines d’habitants, une école, une boulangerie, une épicerie, un coiffeur et une véritable vie locale. Avec le développement du tourisme de masse, beaucoup de bâtiments ont été transformés en commerces, hôtels ou espaces liés au tourisme. Aujourd’hui, il ne reste qu’une trentaine d’habitants dans toute la commune et seulement une partie vit directement sur le rocher.
Cela nous a permis de comprendre un paradoxe : le tourisme peut faire vivre économiquement un territoire tout en rendant plus difficile la vie quotidienne de ceux qui y habitent.
Le maire souhaite justement faire revenir des habitants et retrouver une véritable vie de village. Des logements existent encore dans les étages au-dessus des commerces, mais beaucoup sont vides. Il nous a aussi parlé du risque que certains logements disponibles deviennent des locations touristiques de courte durée plutôt que des logements pour des personnes souhaitant vivre au Mont toute l’année.
Nous avons également parlé de l’environnement. Le Mont-Saint-Michel est un espace naturel très particulier et fragile. Le maire nous a expliqué que certaines activités dans la baie doivent être encadrées et que la protection du lieu doit rester compatible avec sa fréquentation touristique.
À la fin de l’entretien, nous lui avons demandé comment il aimerait que l’on parle du Mont-Saint-Michel dans vingt ans. Sa réponse résume assez bien notre rencontre : il aimerait que l’on parle à nouveau du Mont comme d’un lieu de vie et d’un village, et pas seulement comme d’un lieu touristique.
Cette rencontre nous a fait comprendre qu’un lieu touristique ne doit pas seulement être pensé pour les personnes qui viennent le visiter. Il faut aussi penser aux personnes qui y vivent, aux logements, aux emplois, à l’environnement et à la vie locale. Le défi est donc de continuer à accueillir des visiteurs sans transformer complètement le territoire pour le tourisme.
Interview de Mr Bono, maire du Mont St Michel (18 février 2026)
Interview réalisée par Eythan, Maël, Ewenn, Salmaine et Bara.


Photos : Mael, Eythan, Ewenn, Bara, Salmaine











